L’heure de la vérité a sonné ce 28 mars 2017 au tribunal militaire de Ouagadougou. Va-t-on assister au grand déballage promis par le Sergent-Chef Sanou Ali, le 9 janvier 2017 lors du procès sur le projet d’attaque de la MACA ? En tout cas, le dossier de l’attaque de la poudrière de Yimdi est sur la table. Le Sergent-Chef Sanou Ali et 21 autres personnes comparaissent pour répondre entre autres des faits de désertion à l’étranger en temps de paix, détention et port illégal d’armes et de munitions de guerre , coups et blessures volontaires…

Un dépôt d’armes attaqué le 22 décembre 2015. Alors que Ouagadougou est sous couvre-feu, des individus parviennent à désarmer les hommes en faction, à les ligoter et repartir avec des armes entreposées dans le magasin.

Qui a bien pu faire cette prouesse, digne d’un film hollywoodien ? Certains militaires membres de Régiment de sécurité présidentielle dissout quelques mois auparavant sont indexés. On ne tardera pas à en savoir davantage. Une poignée de ‘’bidasses’’ de l’ex régiment qui n’avaient pas rejoint leurs nouveaux postes sont dans le coup. Le Sergent-Chef Sanou Ali et bien d’autres qui avaient trouvé refuge en Côte d’Ivoire, sont traqués et seront finalement mis aux arrêts.

Ce 28 mars 2017, le Sergent-Chef Sanou Ali, le cerveau de l’attaque était dans le box des accusés, avec 21 autres personnes. Seul Gounabou Albert, ‘’en fuite’’ n’était pas là.

L’un des temps forts de cette ouverture du procès, a été les deux exceptions de nullité soulevées par Me Ouilly Dieudonné et Me Traoré Michel. « Le soldat de deuxième classe Seydou Soulama, a juste été cité par d’autres comme ayant participé à l’attaque de la poudrière de Yimdi. C’est en cours d’instruction, plusieurs mois après qu’il a été inculpé, sans enquêtes préliminaires » a dit en substance le conseil Me Ouilly Dieudonné. Selon lui, cela est une grave violation de la loi, parce qu’il n’y a pas eu d’ordre de poursuite.

Quant à Me Traoré Michel qui défend au moins quatre accusés, il a regretté que ce soit le juge d’instruction qui ait poursuivi ses clients, alors que l’ordre devrait venir du ministère de la défense.

Après l’intervention du commissaire du gouvernement qui a battu leurs arguments en brèche, le président a rejeté la requête des avocats.

Un caporal ouvre le bal

Pendant près deux heures, le caporal (il a fait sa formation de sergent, mais n’a pas porté le galon) Abdoul Nafion Nebié a répondu aux questions du parquet, de son avocat et du président du tribunal. Sur les quatre chefs d’accusation qui pèsent sur lui, il reconnait seulement la désertion en temps de paix.

« J’ai quitté le camp Naba Koom lors de son bombardement, parce que j’avais peur et je suis parti à Léo. J’ai été rejoint par le Sergent-chef Sanou Ali qui m’a demandé de l’accompagner en Côte d’Ivoire. Nous sommes passés par le Ghana pour rejoindre la Côte d’ivoire, parce que c’est cette route que je connais. Le sergent-chef Sanou Ali à cacher ses armes dans les herbes pour pouvoir passer à la frontière avec le Ghana », a expliqué le prévenu.

Dans les procès-verbaux d’enquêtes préliminaires lus par le parquet, l’accusé avait pourtant reconnu avoir participé à l’attaque de Yimdi. Il a joué le rôle de guetteur avec un fusil.

« A toutes les questions, mon client a répondu. On a tenté de lui tendre des pièges, il n’a pas été pris. On lui demandait pratiquement des aveux, mais tant qu’on n’a pas commis des faits, on ne peut pas avouer », nous confiera plus tard son avocat commis d’office, Me Yelkouni Olivier.

Il dit mettre en cause les enquêtes de la police judiciaire. Que ce soit celles de la gendarmerie que du commissariat de police. « L’article 430 du code de procédure pénale dit que les enquêtes de police ne valent qu’à titre de simples renseignements. Il ne suffit pas de brandir un procès-verbal d’enquête de police(…) si c’était des aveux, on n’aurait pas eu besoin encore que le prévenu comparaisse pour qu’on lui pose des questions... », a poursuivi le conseil.

Le prévenu a déclaré à la barre avoir été maltraité depuis son arrestration Léo jusqu’à Ouaga. Il a été enchainé sous un arbre à la gendarmerie de Léo, et mis à poil. C’est nu et derrière un pick up qu’il serait arrivé au camp Paspanga à Ouaga. Selon lui, les enquêteurs ont fouillé partout dans son village pour retrouver une certaine somme d’argent (en euro et en dollar) qu’il détiendrait et remise par l’ancien président Blaise Compaoré en vue de préparer l’attaque de la poudrière de Yimdi puis de la MACA. ‘’Même la tombe de mon grand-père a été fouillée », a-t-il laissé entendre. ‘’Si j’avais des euros et des dollars j’allais disparaitre et aller vivre tranquillement’’, aurait-il dit aux gendarmes.

C’est aux environs de 18h que le président du tribunal a suspendu l’audience qui devrait reprendre dans la matinée du 29 mars 2017.

Lire aussi :

- Attaque du dépôt d’armes de Yimdi : Des éléments de l’ex RSP en cause selon les FAN

- Deux civils arrêtés dans l’affaire poudrière de Yimdi

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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